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La libération du cœur ne se réalise que par le
déclenchement d'une véritable ' guerre de libération ' contre son propre Moi
.
Celle – ci peut revêtir deux formes
:
- Emprunter , seul ,un long itinéraire spirituel semé
d'embûches et miné par de nombreux obstacles incontournables et ce, par
l'élimination systématique des liens d'attachement au ' non – Dieu ' un à un
, en contrariant les désirs du Moi et en refusant d'obtempérer à ses ordres
. Ce procédés, très long et très coûteux , nécessite un grand investissement
en énergie humaine et ne pourrait pas libérer le cœur de certaines attaches
imperceptibles à des valeurs très fines .
- Se
soumettre à un guide ' habilité ' dont l'appui spirituel permet de rompre
les attaches au ' non – Dieu ' dans leurs couches les plus profondes en
éliminant leur support qui est le Moi.
L'extinction du Moi suspend automatiquement ces attaches puisque celles –
ci ne trouvent plus où s'accrocher. Le coup de ciseaux du maître épargne au
disciple l'effort de ' mordre ' indéfiniment ses liens d'attachement par les
' dents ' de sa volonté .
Ce
deuxième procédés est efficace, rapide et décisif . Sa seule difficulté
consiste à :
*
Trouver le maître spirituel, oiseau très rare, habilité à guider les cœurs
des adeptes vers leur seigneur.
*Croire
en sa médiation spirituelle , car c'est la croyance en lui qui constitue le
canal véhiculant les lumières prophétiques .Ces dernières
"désinfectent" " le cœur des différents maux et le libèrent des
attaches au ' non - Dieu ' .
Ces
lumières transitent par le biais de l'invocation de Dieu "prescrite" par lui
.
Cet
itinéraire spirituel consiste à "parcourir" le Moi ,et remonter son courant
pour retrouver sa source . C'est un voyage à l'intérieur du Moi qui s'est
révélé périlleux et difficile pour celui qui s'y engage sans carte et sans
guide .
Sans
maître spirituel, le risque de " dérapage spirituel " est très grand.
En effet
l'âme qui maintient le corps en état d'équilibre risque, chez un invocateur
de Dieu, sans guide, en cas de "surdosage "en lumières, de se détourner de
cette fonction pour s'absorber totalement dans les lumières divines
entraînant un état appelé état de ' jadb '(dysfonctionnement) .
Le
maître spirituel en dotant le cœur du disciple de la dose en
lumières correspondante à sa " capacité d'accueil spirituelle " le
maintient en état d'équilibre, tout en propulsant son cœur vers Dieu.
Au
Sommet de la hiérarchie des saints , en Islam, repose '
l'Héritier Muhammadien'.
Il est la "porte de Dieu ", il suffit d 'y frapper avec force et insistance
pour qu'elle s'ouvre. C'est un homme qui a hérité des lumières du Prophète
Muhammad(bénie soit son âme )et dont le cœur s'était totalement absorbé,
consommé en elles.
C'est
cet héritage spirituel muhammadien qui explique la hiérarchie des saints en
Islam ; chaque saint ayant hérité une partie de ces lumières selon ' sa
"capacité spirituelle" et selon la part qui lui est allouée par le
vouloir divin.
Cet
homme, dont le cœur est complètement embrasé par les lumières, en devient un
vecteur transmissible.
Le
disciple en se soumettant au maître brise la volonté de son Moi .
Avec l'
extinction du Moi , le cœur revit.
Sans
guide spirituel, le disciple qui veut se dégager de l'étreinte de son Moi
par lui même , est comparable au naufragé, sans moyens ,qui veut se repêcher
lui même de l'eau, ou à celui qui demande conseil auprès de son propre
adversaire, ou à celui qui dort dans un profond sommeil et veut décider de
se réveiller .
C'est
pourquoi le concours de maître spirituel se révèle d'une grande importance
en tant que canot de sauvetage , conseiller neutre et impartial , et
l'éveillé qui peut réveiller ceux qui dorment. Sans lui, c'est le Moi qui
guide l'homme à sa perte .


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